Finalement elle fut saine et sauve, conquis, sinon simplement touché par ses paroles, il la laissa
entrer, son cœur se sentit libéré, plus elle était éloignée de ces gardes armés
de mauvaises intentions moins l’oppression étreignait son cœur. Mais peut être
avait elle commis la plus grave erreur de sa vie, peut être devrait elle
craindre autre chose de peut être plus grave.
Le claquement de la porte l’ayant apaisée elle put se dérider légèrement et sourire plus
sincèrement, il lui proposa son bras, elle le prit avec un petit mouvement de
la tête, une légère inclinaison d’approbation. C’était magnifiquement décoré,
il avait du goût et semblait empli de bonnes manières et de bonnes intentions.
Elle était saine et sauve et cela influa sur son moral, elle était vraiment
enjouée, la joie de ceux qui survivent au danger et aux situations complexes,
le bonheur du survivant.
-Je ne suis jamais contre un bon repas, et je suis sure
que je ne regretterais pas une seule seconde d’avoir foulé le sol de votre
demeure.Tiens donc, une remarque à double sens, peut être devrait elle se méfier plus à l’avenir.
Surement habitué à l’art oratoire il
devait manier les mots avec une impressionnante aisance, elle devrait en faire
de même pour ne rien dévoiler de dangereux, il pouvait très bien être à la
solde du tyran et la vendre à la première occasion.
Elle le suivait donc, pendue à son bras, le regard vagabond
et l’esprit léger, elle savourait chaque détail de tapisserie, chaque bordure
de tableau, chaque point de peinture, l’odeur délicieuse que dégageait cet
homme charmant, tout était un ravissement pour ses sens, elle en serait presque
étourdie.
-Vous me voyez attristée de constater que ma simple présence
vous cause un tant soit peu de peine. Et bien, me voyant ainsi exposée sans
défense à la nuit tombée, je décidai de suivre mon instinct qui jusque la ne m’a
jamais trahie. Mes pas me guidèrent alors vers cette maison au demeurant fort
accueillante. Peut être n’auriez pas vous ouvert la porte, je ne serais plus de
ce monde à l’heure qu’il est.Elle souriait mais son sourire se teinta d’amertume, sa
liberté lui faisait cruellement défaut mais l’avouer révèlerait sa non
adhérence au système. Elle leva les yeux vers lui, il aurait surement la
décence de ne pas demander plus ?
-Je vous suis vraiment reconnaissante, peut être avez-vous
sauvé ma modeste vie