Accueil­FAQ­Rechercher­S'enregistrer­Membres­Groupes­Connexion
Poster un nouveau sujet   Répondre au sujetPartager | 
 

 Mon nouveau chez moi...

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
Hawerkel Gotharen
† Citoyen †


Nombre de messages: 6
Date d'inscription: 16/11/2008

MessageSujet: Mon nouveau chez moi...   Dim 23 Nov - 14:14

Une silhouette sous un clair de lune inquisiteur. Je me déplace lentement parmis les habitations enchevétrées de part et d'aurtre de la rue pavée. Ici les maisons sont bien mieux entretenues que dans les bas quartiers. La pierre est le matériaux de construction de prédilection de cette partie de la cité, comme la tôle et le bois pourris dans les bas quartiers. Aucune odeur nauséabonde ne flotte ici, les bourgeois ne supportent pas les effluves de la rue. Régulièrement des hommes et femmes désoeuvrés se chargent de rendre ces rues impeccable, en échange d'une misère, puis repartent s'entasser parmis les taudis qui leurs servent d'abris, au milieu des déchets qu'ils se sont efforcés d'erradiquer du pavé des quartiers riches.
Il me faut un nouveau chez moi, en tant que nouvel intriguant et gentilhomme, je me dois de loger dans une maisonnée digne de ce nom. J'ai quitté sans regret l'immonde bâtisse reculée des bas quartiers. Aucune histoire, aucun regret. Je déambule ainsi à la recherche d'une maison assez isolée pour pouvoir rester hors de portée d'yeux et d'oreilles qui ne manqueraient pas de vous espionner.
Enfin je trouve mon bonheur. Cette habitation lugubre se tient légèrement en retrait, cernée d'un jardin laissé à l'abandon, où seules les plantes honnies des jardiniers ne poussent. Elle présente un aspect repoussant pour quiconque aime l'architecture légère. Pesante et glaciale, elle exhale des relents de peurs seyant parfaitement avec mes fréquentes activités nocturnes.
Je passe les portail grinçant, il semble clair maintenant que personne ne vis dans cette maison. Je n'aurai pas à déménager de corps. Gravissant le perron envahi de feuilles mortes, un vent mordant, gémissant, donne vie aux arbres décharnée. Des chuchotement s'en échappent, moqueurs. Qu'importe la mise en garde des ces tiges noueuses, je pousse la lourde porte d'entrée. Les fenêtres semblables à des meurtrières laissent filtrer la lueur lugubre de l'astre maître de cette nuit. La poussière, les toiles d'araignées s'amassent partout ou porte mon regard. Excellent, personne ne s'approche de cette demeure. Il semblerai qu'elle soit frappée de mysticisme morbide. Les grincements de mes pas sur le parquet séculaire résonne comme des gémissements spectraux. Je m'avance jusque l'escalier. Glacial. Le bois brut et dénué d'entretiens emet des sons plaintifs. Je gravis chaque marches en me délectant de l'atmosphere glauque. Je parviens finalement aux chambres. J'actionne les mécanismes d'ouverture de la première porte. Une odeur entêtante, écoeurante s'échappe avec l'appel d'air. Je ne suis pas surpris en découvrant deux cadavres enlassés dans le lit parental. Du ménage supplémentaire... Je ne m'attarde pas, il reste de nombreuses pièces à visiter et qui sait, peut-être d'autres surprises. Sans appréhension aucune, je me dirige vers ce qui m'apparaît comme la chambre d'enfant. La porte est entrouverte, je me glisse furtivement en l'entrebaillant davantage. Par instinct je retire ma dague de son fourreau. Trônant au milieu de la pièce, nimbée de l'aura d'albâtre de la lune sinistre, une chaise à bascule me tourne le dos. Le lit étroit, plaqué contre le mur à ma droite, est surchargé de peluches. Un coffre à jouet, un meuble remplit de contes pour enfant. La fille unique semblait choyée. Je louvoie entre les divers jouets éparpillés ça et la dans la chambre.
Parvenant jusque la chaise, je me penche au dessus de celle-ci. Un petit corps semble dormir. Elle est recroquevillés, serrant une peluche élimée. Elle n'a pas l'aspect squelettique de ses parents, ça m'intrigue. Je m'accroupie face à elle, effleurant sa joue, je m'aperçois que la chaleur n'a pas quitté son corps alors que ses géniteurs sont morts depuis des mois voire des années. Autant s'en assurer. Ma dague s'approche lentement de sa gorge. Une petite fille seule ne survivrai pas dans le monde cruel d'E.D.E.N, autant lui épargner de graves souffrances futures.
Soudain ses yeux s'ouvrent. Le regard qui me transperce est d'un violet intense et profond. Je tressaille, cela ne m'était jamais arrivé, je fais toujours preuve de sang froid lors de mes basses besognes. Pourtant elle me scrute, passivement. Je reprends mes esprit et baisse lentement ma dague.

Aujourd'hui le manoir n'a pas bougé, le jardin est resté sordide. Seul la poussière et les cadavres ont quitté les lieux. Personne ne s'approche de mon nouveau chez moi. Tout le monde la prétend hantée. Et elle l'est toujours.
Je passe l'entrée, ma journée infructueuse me rend d'autant plus taciturne. Pourtant je ne peux m'empêcher de sourire à la petite fille qui m'attend dans le fauteuil du salon. Elle sourit à son tour, découvrant ses crocs.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
 

Mon nouveau chez moi...

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
 :: ...:: † ::. E.D.E.N La cité du tyran .:: † ::... :: † Habitations †-
Poster un nouveau sujet   Répondre au sujet